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Beni : 9 morts, 6 blessés et des maisons incendiées dans une incursion des ADF à Bakila-Tenambo

Une maison d'habitation pillée et incendiée lors de l'attaque des ADF à Oïcha-Tenambo, Territoire de Beni. ©Photo tiers.
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Au moins 9 personnes tuées, 6 blessés et une dizaine de maisons d’habitation pillées et incendiées dans la localité de Bakila-Tenambo, au nord de la cité d’Oïcha, le chef-lieu du territoire de Beni (Nord-Kivu), dans l’attaque qui a visé les villages Mapiki et Mateule mardi 3 décembre aux heures tardives.

Habitués aux tirs des Forces armées durant le jour, les villageois sont sortis de leur confort avec le bruit de démolition de maisons d’alentours. Cette fois-ci, il était question des rebelles des Forces démocratiques alliées (Adf) qui ont investi les villages.

« Nous pensions qu’il s’agit toujours des militaires congolais qui crépitaient des balles comme ils en ont l’habitude dans la zone. C’était déjà 20 heures. Nous sommes allés aux lits, jusqu’à ce que nous nous sommes rendu compte qu’ils commençaient à démolir des maisons. Ils ont cassé la porte de ma maison où j’étais avec ma fille. Parmi eux, se trouvaient des femmes et des enfants. Une de leurs filles m’a demandé de ne pas avoir peur et si je n’ai pas d’argent. Elle m’a ravi le téléphone, me contraignant de sortir de la maison », a-t-elle expliqué.

Mais sa fille a été emportée par les assaillants jusqu’à une destination inconnue, aux côtés d’autres personnes dans les villages. Ces personnes ont été utilisées par les assaillants pour le transport des butins.

« Ils ont pillé ma maison et forcé ma fille debles aider à transporter. Ils ont dit que la fille va revenir parce qu’elle les aide juste à transporter les butins. Je leur ai dit que cette fille est mon espoir, vaut mieux qu’on nous emporte toutes. Elles m’ont supplié de retourner au regard de ma santé et qu’ils ne sont pas venus pour tuer, sinon ils me tueraient déjà… », a poursuivi cette rescapée.

Les victimes ont été tuées par balles soit par armes blanches. Parmi elles, 7 sont des femmes et un enfant.

Une attaque qu’on pouvait pourtant empêcher

La société civile d’Oïcha condamne la passivité des forces de sécurité qui pouvaient anticiper cette incursion. « Les alertes ont été données par la population depuis la journée vers Bilimani, du côté Est. Les services de sécurité avaient l’information, mais nous n’avons pas senti leur mobilisation, même ce matin pour poursuivre l’ennemi. Nous demandons au commandant de l’axe nord d’être mobile pour sécuriser le côté Est aujourd’hui sous menace. Les attaques se succèdent, d’abord de Kokola, PK20, voilà, c’est Tenambo… toujours après des rumeurs », s’est désolé Isaac Kavalami, président de la société d’Oïcha.

Cette structure et plusieurs autres leaders communautaires et notables appellent au renforcement des effectifs militaires des armées congolaise et ougandaise dans la zone pour empêcher le mouvement des assaillants. Ces attaques interviennent après que plusieurs positions des FARDC ont été dégarnies dans la zone pour intervenir au front nord dans les opérations contre le M23, une situation qui fragiliserait la sécurité de la zone.

« La priorité ne revient pas aux opérations contre le M23 et laisser les ADF nous exterminer. C’est une autre menace réelle. Nous regrettons que la population qui était déjà dans une accalmie et vaquait à des activités, commencent à se déplacer encore. Ce sont des émotions qui dominent les esprits maintenant », a ajouté Isaac Kavalami, le président de la société civile d’Oïcha.

Alerte maximale dans les environs

Les rebelles ADF ressurgissent dans le territoire de Beni après plusieurs mois d’accalmie, grâce aux opérations menées conjointement contre les ADF par la coalition des armées congolaise et ougandaise. Ces opérations ont permis la destruction de plusieurs campements stratégiques des assaillants, qu’ils cherchent à regagner. Les autorités civiles et militaires, chefs de base et population restent en alerte maximale dans les villages environnants, notamment dans la zone de Mayangose où éteint situés certains bastions des ADF.

Une réunion de sécurité élargie, présidée par le chef des villages de Bapakombe-Bakondo, a eu lieu ce mercredi 4 décembre. D’après Achou Taibo Alphonse bin Kitobi, il s’agit d’appeler tout le monde à la vigilance contre toute surprise désagréable.

 

Delphin Mupanda/MCP, Nord-Kivu

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