« Lancer aujourd’hui des messages contre la Monusco et les ONG, ce n’est pas être réaliste », a estimé, ce mercredi 7 avril, le gouverneur du Nord-Kivu, Carly Nzanzu Kasivita. Ce dernier s’exprimé ainsi suite à la multiplication de manifestations organisées par des jeunes contre la Monusco et d’autres humanitaires dans les territoires de Beni et de Butembo.
De plus en plus, les jeunes manifestent pour réclamer le départ des troupes de la Monusco jugés « inactives” face à l’augmentation des tueries.
A la suite de cette montée de tension, le gouverneur du Nord-Kivu, au cours d’un café de presse tenu ce mercredi 7 avril, a invité ses administrés au calme. Pour le gouverneur Carly Nzanzu Kasivita, à l’heure actuelle et face aux attaques, la province a beaucoup plus besoin d’amis que d’ennemis.
En outre, il a estimé que mettre tout le calvaire vécu dans la région sur les épaules de toutes les organisations internationales présentes au pays, n’est pas réaliste. Bien plus, Carly Nzanzu a précisé que le gouvernement congolais reste déterminé à mettre fin aux atrocités à Beni avec l’appui de la brigade « FBI » de la Monusco.
“Aujourd’hui, lancer des messages malheureusement généralisés contre les humanitaires en province et contre les Nations-Unies,notamment la Monusco, ce n’est pas être réaliste. Nous sommes une province déstabilisée depuis plus de 30 ans, mais il y a des secteurs qui reçoivent des subventions de la solidarité internationale. Généraliser notre indignation à toute cette communauté humanitaire c’est oublier l’histoire de la RDC”, a déclaré le gouverneur Kasivita.
Et de poursuivre : « Nous sommes membres des Nations-Unies, nous n’allons pas aujourd’hui dire que nous nous débarrassons de ses agences. Il y a donc lieu de regarder dans le même sens quant à ce qui concerne la question de l’instabilité de notre région. On se poserait la question de savoir si c’est la Monusco qui est le maillon faible des Nations-Unies, pourquoi avant l’arrivée de cette mission, en RDC, il y avait toujours des groupes armés ? »
Pour rappel, depuis le début de cette semaine, des mouvements citoyens et quelques structures membres la société civile ont débuté la sensibilisation de la population en faveur de l’incivisme fiscal durant 10 jours dans le but d’interpeller le gouvernement congolais à rétablir la paix dans les villes de Beni et de Butembo.
Par ailleurs, dans un communiqué rendu public ce mercredi 7 avril, les mouvements citoyens et la société civile ont décrété deux journées villes mortes, à dater de ce jeudi 8 avril, en signe de solidarité avec les civils.
Djodjo Vondi